11.07.2008
SACHONS DESOBEIR
N’oublions pas , lors du procès de Nuremberg, le Procureur anglais répondit aux accusés qui affirmaient avoir seulement obéi à des ordres : « Il vient un moment où l’homme doit refuser d’obéir à un chef s’il veut obéir à sa conscience » (cahier de la réconciliation, N° 2, 1996)
Dans notre lutte contre Goliath, le refus d’obéir aux « ordres » peut être la seule arme efficace.
Rappelons-nous ce que disait à ce sujet Einstein : « Ce ne sont pas ceux qui font le mal qui rendent le monde insupportable, mais ceux qui regardent et laissent faire »
Ils sont nombreux à prôner une certaine désobéissance civique si elle peut contribuer à sauver la terre et ses habitants. Pour sa part, André Glückmann déclarait déjà en 1997 : « Ce principe deviendra de plus en plus nécessaire avec les développements des sciences et des techniques. Le citoyen ne peut faire une confiance aveugle à ceux qui agissent en son nom. L’affaire du sang contaminé, entre autres exemples, n’aurait peut-être jamais existé si, quand il était encore temps, quelqu’un avait civilement désobéi. »
Quant à Georges Bernanos, il avait prévu ce qui nous attend si nous acceptons l’esclavage qu’on cherche à nous imposer.
« Je pense depuis longtemps que si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, et moins encore, bien entendu, l’indignation qu’éveille la cruauté, ni même les représailles et la vengeance qu’elle s’attire, mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public. »
Extrait d’un article de Sylvie Simon dans Sciences Enjeux Santé N° 49
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12.05.2007
UN CARNET DE COMPORTEMENT POUR L’ENFANT DES LA MATERNELLE !
L’avenir que nous préparons à nos enfants est-il un signe d’évolution de notre société et de notre conscience ou bien une preuve garante de notre déchéance ?
Chaque jour, notre “gouvernance” fait un nouveau pas vers “le meilleur des mondes”. Le 22 septembre 2005, l’Inserm publiait un rapport sur les troubles de conduite chez l’enfant et l’adolescent qui pourraient plus tard mener à la délinquance. Les experts recommandaient de dépister les troubles du comportement de manière systématique dès l’âge de 36 mois, et proposaient de former les enseignants afin d’augmenter l’efficacité de la procédure.
Cette expertise de plus de 400 pages a été commandée par la Caisse nationale d’Assurance-maladie des travailleurs indépendants dans le dessein “d’améliorer le dépistage, la prévention et la prise en charge” des futurs délinquants, révoltés contre “les normes sociales”. Tributaire de la politique sécuritaire, elle se réfère aux données de la littérature scientifique internationale et nous explique comment traiter ces troubles, parfois avec des médicaments. Le lobby pharmaceutique a déjà médicalisé presque toutes les périodes et les événements de la vie, il va en•n pouvoir médicaliser la délinquance dans le cadre si cher à nos élus : la prévention.
Pour les experts, les colères et les actes de désobéissance dès les trois premières années de la vie sont pathologiques et “prédictifs” de la délinquance
L’étude préconise “ le repérage des perturbations du comportement dès la crèche et l’école maternelle”. Pour les experts, les colères et les actes de désobéissance dès les trois premières années de la vie sont pathologiques et “prédictifs” de la délinquance, tout autant que quelques traits de caractère, comme la froideur affective, le cynisme, l’agressivité, mais également l’indocilité, l’impulsivité, l’intolérance aux frustrations, et même la “ non-maîtrise de notre langue”.
Ainsi, cette “caution scientifique” pourra instrumentaliser des pratiques de soins relevant de la pédopsychiatrie à des fins de sécurité et d’ordre public. La détection systématique des enfants “agités” dans les crèches et les écoles maternelles risque de transformer ces établissements à vocation d’accueil et d’éducation en gares de triage pour “futurs délinquants”. Ces experts ignorent-ils que nombre de savants et d’illustres penseurs furent de mauvais élèves, désobéissants, révoltés, refusant d’entrer dans le moule que l’on voulait leur imposer ? Einstein en fut un parfait exemple.
Les réponses aux problèmes de comportement se situent surtout dans le domaine éducatif, pédagogique ou social
Certes, de nombreux enfants peuvent ressentir une souffrance psychique à cause de l’instabilité familiale ou de la précarité de leurs conditions de vie et devraient être aidés, mais les réponses aux problèmes de comportement se situent surtout dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.
“Cette production de l’Inserm vient donner un vernis scientifique et médical à l’approche de la délinquance du gouvernement. C’est vraiment du pain béni pour Sarkozy !”, s’indigne Bruno Percebois, membre du Syndicat national des médecins de PMI (Protection maternelle et infantile). En effet, le 2 novembre 2005, à la suite des révoltes de banlieues, Nicolas Sarkozy a déclaré au journal Le Parisien : “Il faut détecter chez les plus jeunes les problèmes de violence. Dès la maternelle, il faut mettre des équipes pour prendre en charge ces problèmes.”
Ce n’est pas notre ministre de l’Intérieur qui a commandé l’expertise de l’Inserm, mais les approches des chercheurs et du ministre sont dangereusement convergentes. Déjà, dans un rapport remis à Dominique de Villepin en 2004, Alain Bénisti, député UMP du Val-de-Marne et farouche partisan de la méthode prédictive, avait tracé la courbe du “parcours déviant” du jeune qui “s’écarte du droit chemin”. Et en 2005, le syndicat des commissaires de police avait, lui aussi, suggéré d’identifier les comportements précurseurs de la délinquance “dès la crèche, la maternelle ou l’école primaire”. Jacques-Pierre Delion, chef de service de pédopsychiatrie au CHU de Lille, estime qu’“avec tout ça, il y a de quoi être inquiet”.
Actuellement, notre gouvernement prépare un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des “troubles comportementaux” chez l’enfant, et notre ministre de l’Intérieur n’hésite pas à citer les travaux de l’Inserm pour promouvoir ce plan. Il doit présenter en Conseil des ministres un carnet de développement de l’enfant qu’il nomme “carnet de comportement”. “ Big Brother”, qui se profile déjà dans l’ombre depuis quelques années, se montre peu à peu au grand jour et risque d’aliéner toute liberté pour les générations futures.
Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans
Nombre de médecins, pédiatres, pédopsychiatres, neuropsychiatres, anthropologues et sociologues ont répondu à cette expertise par un appel : “Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans”.
Ils demandent à bon escient : “L’application de ces recommandations n’engendrera-t-elle pas un
19Votre santé n° 81 - juin 2006
formatage des comportements des enfants, n’induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l’encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ?” A leurs yeux, en médicalisant à l’extrême des phénomènes d’ordre éducatif, psychologique et social, en stigmatisant toute manifestation vive d’opposition inhérente au développement psychique de l’enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, l’expertise de l’Inserm entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, nie l’abord du développement singulier de l’être humain et “robotise” la pensée soignante.
L’appel s’adresse aux parents, aux professionnels de la santé, de l’enfance, de l’éducation, et à tout citoyen : “Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des •ns normatives et de contrôle social. Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social. Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement. Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice) et quant aux interrelations entre ces acteurs.”
Dépister le plus tôt possible la souffrance d’un enfant, tout le monde est pour
Le pédiatre Pierre Suesser s’insurge : “On sent les volontés d’instrumentaliser les soignants dans des démarches mécanistes qui visent à prévenir des comportements délinquants.” “Dépister le plus tôt possible la souffrance d’un enfant, tout le monde est pour ! Mais quand on regarde le contexte et qu’on lit le rapport Bénisti et les projets d’un certain Nicolas Sarkozy…” Quant au pédopsychiatre Marcel Rufo, il se révolte à son tour contre cette expertise : “Soyons Astérix. Soyons les derniers résistants en France pour une médecine du sujet et non de l’organe, pour une médecine de la structure psychique et non du symptôme.”
Il ne sert à rien de donner des moyens à des labos en pharmacie ou à la recherche sur les souris, alors qu’on a besoin de psys, d’aides-soignants, d’éducateurs, de tous ces gens qui travaillent autour de l’enfant
D’après une expertise faite en 2003 par l’Inserm sans enquête épidémiologique, un enfant sur 8 souffrirait de trouble mental et 5,9 % des jeunes de 15 ans seraient atteints de “troubles de conduite”.
Le sociologue Laurent Mucchielli, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, déplore que lorqu’on accompagne un enfant à problème en région parisienne et que l’on veut l’inscrire au centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) de secteur, on réponde qu’il y a entre neuf mois et un an d’attente. “Il ne sert à rien de donner des moyens à des labos en pharmacie ou à la recherche sur les souris, alors qu’on a besoin de psys, d’aides-soi-gnants, d’éducateurs, de tous ces gens qui travaillent autour de l’enfant. Ce rapport traduit donc surtout l’influence du lobby des biologistes, qui est très fort, au détriment des aspects sociaux.” Il commente à son tour l’expertise de l’Inserm : “Si je mets en parallèle les enquêtes de délinquance auto-révélée, c’est-à-dire des études où nous demandons à des jeunes de déclarer anonymement s’ils se sont, par exemple, déjà bagarrés, s’ils ont déjà volé, on constate le décalage : entre 15 % et 20 % se sont déjà bagarrés, près de 75 % ont déjà fraudé dans les transports en commun, autour de 25 % ont déjà volé… Cette expertise ignore totalement tout ce qui concerne les facteurs sociaux, les facteurs de groupe. Et à côté des propositions de mieux former les professionnels, on découvre des demandes de financement pour des recherches pharmacologiques !”
La Ritaline a des effets comparables à ceux de la cocaïne
On sent, une nouvelle fois, l’envie des pouvoirs publics et des instances de santé de traiter tout problème par la chimie. Il semblerait que l’on veuille copier les Etats-Unis où 6 millions d’enfants sont traités par la Ritaline, qui est considérée comme un médicament incontournable. En France, dès 1997, les laboratoires Novartis en avaient vendu 28 127 boîtes. En 2004, les ventes s’étaient multipliées par six, Novartis ayant vendu 182 109 boîtes en France. D’après leur estimation, chez nous, 7 000 enfants consomment ce poison afin d’améliorer leur concentration et leur docilité, et de calmer leur impulsivité.
Il faut savoir que la Ritaline est une amphétamine dont les effets sont comparables à ceux de la cocaïne. Cette drogue sur ordonnance est tellement dangereuse que l’armée américaine refuse d’enrôler les jeunes qui ont été traités par ce médicament avant l’âge de douze ans. La société Novartis Pharma reconnaît que ses chercheurs sont incapables de prévoir à long terme les effets de ce poison, mais on a récemment découvert qu’il provoque des tumeurs cancéreuses du foie chez les souris de laboratoire.
Aux Etats-Unis, certains parents ont été condamnés pour non-assistance à personne en danger parce qu’ils n’avaient pas donné d’amphétamines à leurs enfants
En outre, personne ne peut démontrer que ce genre de produit améliore le rendement scolaire des enfants ainsi traités. Le seul effet “bénéfique” est de permettre une gestion à court terme de l’hyperactivité et de faciliter la vie des parents et des enseignants plutôt que celle des enfants qui risquent, un jour, de payer très cher l’inconscience de certaines familles et de leurs médecins.
Aux Etats-Unis, certains parents ont été condamnés pour non-assistance à personne en danger parce qu’ils n’avaient pas donné d’amphétamines à leurs enfants. La Drug Enforcement Administration a constaté que les ordonnances prescrivant des psychostimulants ont augmenté de 700 % au cours des dix dernières années.
“Nous donnons de la Ritaline aux enfants en partie parce que nous ne pouvons tolérer qu’ils se situent en dessous de la moyenne ou qu’ils ne soient pas au-dessus de la moyenne”, déclarent certains parents. Ce genre de propos explique, à lui seul, le comportement agressif de leurs rejetons.
De toute manière, le traitement chimique est une arme à double tranchant. Il peut, en effet, permettre à ces enfants hyperactifs de s’intégrer aux normes en cours et de rassurer ainsi les parents, et, d’autre part, comme toutes les drogues de ce genre, il génère une certaine euphorie qui permet aux consommateurs d’oublier leur différence et leurs complexes par rapport aux autres. Cependant, en parallèle à ces avantages théoriques, il détruit la personnalité, l’intuition de ces enfants et, sans aucun doute, leur santé physique.
Donner des psychotropes longtemps à un enfant de moins de 4 ans, c’est vraiment jouer à l’apprenti sorcier
De surcroît, il crée une dépendance aux drogues. En 1994, 1 % des lycéens américains prenaient de la Ritaline sans prescription médicale, en 1998, ce chiffre était passé à 3 %. En 1996, la Drug Enforcement Administration a constaté que 30 % à 50 % des adolescents suivis par un médecin consommaient cette drogue sur ordonnance hors prescription. Elle sert aussi de dopage en période d’examen. En 1990, 271 hospitalisations d’urgence étaient dues à la Ritaline, en 1998, ce chiffre était passé à 1 727.
Au Canada, malgré ces risques, près d’un million d’enfants sont également traités à la Ritaline, ou avec d’autres drogues similaires, dans le but de contrôler leurs comportements.
En 1990, en Grande-Bretagne, trois mille enfants étaient soignés par ces toxiques. Aujourd’hui, ils sont trois cent quarante-cinq mille. Certains d’entre eux sont ainsi drogués en toute légalité dès l’âge de dix-huit mois.
Dans une interview accordée à Julie Lasterade pour Le Quotidien du 28 février 2006, Bernard Golse, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Necker, explique que “donner des psychotropes longtemps à un enfant de moins de 4 ans, c’est vraiment jouer à l’apprenti sorcier, agir à l’aveuglette totale. Les antidépresseurs, les anxiolytiques ou les somnifères vont se fixer sur les cellules nerveuses. Or, avant 4 ans, la structure cérébrale de l’enfant n’est pas encore complètement mise en place. Aucune étude disponible chez l’humain ne nous permet d’affirmer qu’en troublant l’installation de l’appareil cérébral à cet âge-là on ne risque pas d’induire des effets à long terme”.
Le Pr Golse craint que les laboratoires pharmaceutiques ne se servent du rapport de l’Inserm pour dire : “ Vous voyez, il faut élargir notre zone de prescription jusqu’à 3 ans puisque, selon les experts, en réduisant les troubles des conduites à 3 ans, on aura moins de délinquants.”
Les enfants qui présentent des comportements hors normes refusent l’autorité des parents ainsi que toute contrainte extérieure, mais ils acceptent d’en parler avec les adultes
Il est évident que tous les enfants de notre époque ne sont pas outre mesure agressifs ou nerveux, mais bon nombre d’entre eux présentent des comportements hors normes et ce pourcentage, sans cesse croissants depuis l’après-guerre, a fortement augmenté depuis la fin des années 1980.
Pour la plupart, ces enfants refusent l’autorité des parents ainsi que toute contrainte extérieure, mais ils acceptent d’en parler avec les adultes qui leur consacrent un peu de temps et, lorsqu’on leur reproche leur manque d’attention, ils répondent que ce sont leurs parents qui ne leur donnent pas l’attention qu’ils réclament.
En outre, se référant à des milliers d’études sur la question, Harris Coulter, éminent spécialiste américain de l’histoire des vaccinations, n’hésite pas à mettre en cause les vaccinations pour expliquer certains désordres psychiques ainsi que la violence et la criminalité dans la société américaine. Il estime que toute vaccination est susceptible de provoquer une encéphalite légère ou grave (cf. Vaccination, Social Violence and Criminality). Ce phénomène s’accompagne d’une démyélinisation qui empêche un développement normal des gaines de myéline dans le cerveau. Ces modifications pathologiques conduisent à des handicaps divers et à des problèmes de comportement. On considère qu’aux Etats-Unis un enfant sur cinq a subi des atteintes cérébrales.
L’avenir que nous préparons à nos enfants est-il un signe d’évolution ?
Aussi, au lieu de mettre ces enfants sous haute surveillance, il serait préférable que notre société se pose les bonnes questions : Les normes que nous leur imposons sont-elles compatibles avec la vie actuelle ? Sont-elles valables dans notre société qui va à vau-l’eau ? Notre civilisation moderne est-elle un bon exemple de bonheur sur notre planète bien malade ? Et l’avenir que nous leur préparons est-il un signe d’évolution de notre société et de notre conscience ou bien une preuve flagrante de notre déchéance ?
Sylvie SIMON
Sylvie Simon est l’auteur (entre autres) de Informations ou désinformations ?, Ed. Guy Trédaniel ;
Dix mensonges sur les vaccins, Ed. Dangles ;
Son dernier ouvrage La Nouvelle Dictature médico-scienti•que vient de sortir aux Editions Dangles et se trouve déjà sur la liste des meilleures ventes d’Amazone.
Cet article paru dans "VOTRE SANTE" en Juin 2006 - www.votre-sante.org/ est plus que jamais d'actualité !
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