09.03.2009

REACTION AU COLLOQUE HEPTATIE B

 

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Quels problèmes posent ces blessées ?

1- Le problème du vaccin : il est clair que s'il était inoffensif il n'y aurait aucun problème. C'est assez naturellement le premier problème soulevé par les blessés qui se sentent d'abord agressés par le vaccin, mais il y en a d'autres.

2- Le problème de la vaccination au sens médical du terme : la plupart des personnes blessées présentes ou qui avaient demandé à être représentées par des photos ont été vaccinées en 1994-1996. Les protocoles ont considérablement évolué par la suite, d'abord fin 1998 avec la suppression des rappels et de la quatrième injection de la primo-vaccination, puis par la suite encore avec des titrages d'anticorps et d'antigènes avant la vaccination d'un adulte. Ces blessés n'ont donc pas été correctement vaccinés au sens où on l'entend aujourd'hui. Il est d'ailleurs fort probable que ce furent les dégâts constatés, quoiqu'on en dise, qui ont alimenté cette évolution. Ces blessés ont donc été à l'origine de ces changements.

3- Le problème de la cible de la vaccination : étaient-il utile de vacciner ces personnes ? Dans leur avis du 23 juin 1998 le CTV et le CSHPF formulaient ainsi leurs recommandations :

« Le CTV et le CSHPF ne remettent  pas en cause l'obligation vaccinale des personnes soumises à l'article L 10 du code de la santé publique  mais ils suggèrent de préciser dans les arrêtés d'application qu'il s'agit uniquement des personnes en contact avec les patients et avec le sang et autres produits biologiques »

Sur France 5, en janvier 2009, un professeur français, hépatologue, chef de service et ancien médecin conseil de l'assurance maladie, avait affirmé que n'étant pas au contact du sang des malades, contrairement aux infirmières, il ne s'était pas fait vacciner. Il qualifia de "véritable folie" l'ensemble du déroulement de la campagne avec la ruée dans les pharmacies, la vaccination des grands-mères et des secrétaires médicales de son service au motif qu'elles étaient en contact avec... les dossiers des malades !  (Documentaire "Silence on vaccine" de Lina Moreco)

J'assistais à ce colloque dont je parlerai dans d'autres articles et j'ai pu échanger avec l'une des  personnes blessées présentes : elle avait été vaccinée en 1994 pour pouvoir exercer le métier d'aide médico-psychologique en maison d'accueil spécialisée. Courait-elle vraiment un risque plus élevé qu'un hépatologue et était-il suffisamment important pour lui faire courir le risque du vaccin ? Elle avait reçu 4 injections d'Engerix B bien qu'elle ait très fortement réagi dès la première injection ainsi qu'aux  trois suivantes.

Les médecins devraient admettre que d'intenses réactions après une vaccination devraient inciter à la prudence avant d'enchaîner les autres injections, voire de les considérer comme de véritables contre-indications. On doit faire le constat qu'en pratique la vaccination est d'abord un acte administratif avant d'être un acte médical. C'est une dérive dangereuse, il faut aussi le reconnaître. La vaccination doit impérativement devenir un  acte médical strict.

4- La société a décidé de faire la guerre à l'hépatite B. Comme dans toute guerre il y a des morts et des blessés. Généralement, on ne les abandonne pas sur le champ de bataille, c'est un principe fondamental d'humanité. Pourtant ici, les blessés de cette guerre sont abandonnés à leur sort sans reconnaissance ni soutien, même moral, de la part de la société, bien au contraire.

J'ai ainsi assisté, impuissant, à une très vive altercation entre une blessée et une  intervenante du colloque : cette dernière participe à une organisation cherchant à venir en aide aux personnes souffrant d'hépatites. Elle n'admettait pas que les blessés de cette vaccination puissent, par leur action, risquer de compromettre l'adhésion de la population à une vaccination   pouvant aider à réduire les souffrances de la maladie.

Pourtant, si la société tire un bénéfice de cette vaccination - la fameuse balance bénéfice-risque affirmée largement positive - cela devrait avoir sa traduction financière en faveur des blessés de la guerre.  C'est bien là l'un des aspects du problème : abandonner les blessés en pensant poursuivre la bataille avec les mains plus libres (traduisez : ne pas risquer de compromettre la couverture vaccinale en reconnaissant qu'il y a des blessés). Pourtant, le blessé ne s'oppose pas forcément à la poursuite de la guerre, il demande d'abord un peu d'eau. Cette eau qu'on accorde même aux ennemis quand ils sont blessés sur le champ de bataille* et que notre société refuse à ceux de la vaccination.

BERNARD GUENNEBAUD - http://questionvaccins.canalblog.com

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