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09.10.2006
La médecine à une époque charnière :
Hippocrate de Cos (460 env.-380 env.avant J.C.)
De l’éveil de l’Homme au Sacré jusqu’à l’Egypte pharaonique, l’humanité est dans son enfance, fusionnée au monde divin comme le nourrisson l’est à sa mère.
Quel est le défi majeur de l’humanité d’alors ? Emerger peu à peu du sein de la divinité, de l’inconscience fusionnelle, pour accéder à la conscience individuelle, la connaissance de Soi par la découverte de l’Autre. Devenir soi-même est toujours une redoutable épreuve.
Peu à peu l’homme s’est enraciné plus profondément, dans la matière de son nouveau monde et la maladie est devenue plus visible, plus physique, sans doute plus destructrice qu’auparavant.
Des systèmes philosophiques et métaphysiques marquent une transition entre médecine divine et médecine profane.
A cette époque charnière, Hippocrate, fils de sage-femme et père de la médecine, pose les bases fondamentales d’une thérapeutique rationnelle axée sur une rigoureuse observation des faits. Le raisonnement médical doit dès lors s’abstenir de toute spéculation.
Ce grand thérapeute intègre santé et maladie dans le système des phénomènes naturels et commence à décrire et classer les désordres afin de pouvoir poser des diagnostics plus précis et apporter le remède accordé à tel ou tel conflit. Son éthique, toujours vivace dans le fameux Serment, interdit tout ce qui pourrait nuire au patient.
En fait, le devoir du thérapeute est avant tout d’éviter de nuire.
Il s’agit de guider plus que d’intervenir, d’aider en toutes circonstances l’action spontanément favorable de la Nature, la mise en mouvement des forces de guérison présentes en chacun de nous. Le sommeil dans le Temple est toujours pratiqué, mais accompagné de conseils hygiéniques et diététiques, de massages et d’impositions des mains, de remèdes et de simples issus des trois grands règnes qui forment l’héritage de l’humanité.
Inéluctablement l’homme s’incarne, prend conscience de ce qu’il est bel et bien séparé d’avec le Tout, se penche vers la Terre qui le porte et perd la vision spirituelle. Progressivement, il devient aveugle et sourd au divin.
Comme l’humanité progresse, la maladie change de visage. Les épidémies prennent de l’ampleur. Avec Pasteur, au 19ème siècle, l’homme se pose des questions.
L’homme serait-il un animal ? Les maladies seraient-elles causées par des microbes, comme le prétend Pasteur ? Oui, répondent les savants.
L’homme savant s’est métamorphosé en mécanicien sans état d’âme, sûr de son diagnostic, inventeur d’une pléthore de drogues destinées à faire disparaître les divers malaises de l’anonyme animal humain. Ces remèdes standards seront un moteur important de l’économie au cours de la révolution industrielle, et ils le sont toujours aujourd’hui.
Aujourd’hui, comment peut s’effectuer la rencontre entre le technicien objectif et le désir subjectif profondément refoulé du malade, ce désir qui absenté du vécu devient la maladie ? Ce lien est de nos jours impossible, et c’est pourquoi la médecine ne guérit plus.
Le défi de notre temps est de renouer avec l’être désirant, sensible, porteur du sacré, car la guérison ne peut venir que des paroles et des actes du sujet lui-même, entouré et guidé par des thérapeutes à l’écoute de ce que le « mal a dit ».
Dr Eric Ancelet « pour en finir avec Pasteur » Collection Résurgence
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