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05.10.2006

Eléments et radioactivités

Menace pour notre santé

Au milieu de la jungle de l'étiquetage (et surtout de l’absence d’indication)? le consommateur
que nous sommes a bien du mal à s'y retrouver lorsqu’il acquiert un produit et pourtant, il y a danger ! Certains produits ont subi une irradiation (1) pour diverses raisons développées ci après ; d'autres, contaminés par des produits radioactifs, seront commercialisés, si nous ne nous mobilisons pas (2) Ce sont deux notions différentes qui nécessitent une explication plus approfondie :

I. L’irradiation (ou ionisation) des aliments

Technique :

Un produit irradié (ou ionisé) a été exposé a de fortes doses de radiations ionisantes soit par des rayons gamma (issus de cobalt 60 ou de Césium 137) soit par projection d'un faisceau d'électrons accélérés généré par un accélérateur de particules. Sauf accident, un aliment irradié ne devient pas radioactif.

Objectifs recherchés et inconvénients :

Le but affiché par les promoteurs de cette méthode est l’amélioration de la conservation du produit et son assainissement en empêchant sa germination (ex. ail, échalotes) ou en réduisant les populations d’insectes, vers, responsables de sa dégradation (pourrissement). Cependant, des études scientifiques ont montré que l’irradiation des aliments a des effets néfastes sur eux :

¸ Ce traitement modifie en effet la structure moléculaire de l’aliment (formation de radicaux libres très réactifs).
¸ Destruction d’acides aminés et de vitamines.
¸ Rupture des équilibres naturels : destruction de microorganismes utiles à l’aliment (qui permettent en outre de reconnaître un aliment douteux, pourrissement, odeur …) ; les aliments irradiés paraissent toujours sains, même s’ils ne le sont pas.
¸ Risque de mutations des bactéries et insectes pathogènes devenant plus résistants.
¸ L’irradiation ne détruit pas les toxines produites par ces bactéries, responsables des intoxications alimentaires.

Les problèmes de contrôle des doses délivrées aux aliments et du nombre de traitements ne sont pas résolus. Les dangers liés aux installations (7 en France, dont une à Sablé) qui utilisent des sources radioactives sont nombreux : vulnérabilité des bâtiments, risques d'explosion et de contamination... Bien souvent, les riverains de telles installations sont tenus dans l’ignorance.

Conséquences pour le producteur et le consommateur :

Le traitement par ionisation prolonge la durée de vie des aliments et réduit les coûts de production. Les conséquences pour l'agriculture locale sont évidentes :
La délocalisation de la production et de l’industrie de transformation entraîne une diminution de l'emploi, génère l’augmentation du transport routier (avec les conséquences que l'on sait) et contribue à la dégradation des conditions de production (sociales et environnementales).

Quant au consommateur, il n'a guère le moyen d’identifier les produits irradiés ; en France, la mention « traité par rayonnement ionisant » ou « traité par ionisation » doit figurer ; certains produits d’importation ont le symbole « Radura ».

II. Contamination des aliments

Les aliments sont dits contaminés par une pollution radioactive lorsque des particules radioactives sont présentes dans le produit (les atomes radioactifs, dont le noyau est instable, vont se désintégrer en émettant des rayonnements ionisants très énergétiques, créant des lésions et mutations cellulaires dans l'organisme). Et, évidemment, lorsque nous consommons un aliment contaminé, nous ingérons les éléments radioactifs qu'il contient.

Les sources de pollution radioactives sont nombreuses : rejet de gaz par les installations nucléaires, fuites non maîtrisées, retombées des essais nucléaires, recyclage de matériaux contaminés, conséquence d'un accident (ex. Tchernobyil)...

La contamination peut se faire directement sur les feuilles ou les fruits, ou indirectement par le sol (racines : ex. les champignons), ou par l'intermédiaire des animaux qui se nourrissent des végétaux contaminés.

Jusqu’à présent, l’absence de contamination était la norme retenue. Mais, sous l’impulsion du lobby nucléaire, divers organismes internationaux (FAO, AIEA et OMS, CIPR*) ont fait le projet de modifier cette réglementation : ce ne serait plus l’absence de pollution mais une « contamination décrétée acceptable par les autorités ».

La CRIIRAD se bat de toute son énergie contre le projet (« Pétition pour des aliments non contaminés »). A ce jour, le Comité du Codex sur les additifs alimentaires et les contaminants, réuni à La Haye, a décidé, sous la pression de la société civile, de renvoyer le projet, ce qui est une première victoire, mais L’élaboration d'un nouveau texte a été confié de nouveau à l’AIEA, ce qui ne laisse rien présager de bon pour l'avenir, si un contre-pouvoir international ne se met pas en place pour contrer le lobby nucléaire : affaire à suivre auprès de la CRIIRAD.


*FAO : organisme des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
AIEA : Agence Internationale pour l’Energie Atomique
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
CIPR : Commission Internationale de Protection Radiologique
Source CRIIAD

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